Par manque d’informations, plusieurs étudiants se lancent dans des projets d’études inadéquats et empruntent ainsi la mauvaise voie. La qualité inférieure de la formation, les cours monotones et ennuyeux rejoignent aussitôt le manque de volonté voire le dégoût de l’étudiant, et le voilà dans l’impasse. Il accumule les échecs et s’en lasse de cette incapacité artificielle ou, dans le meilleur des cas, il obtient un diplôme sans vraiment le mériter et il est désormais compté parmi les « chômeurs ».
Cette situation dérisoire est nouée par la mauvaise gestion relative à la problématique de l’Orientation, entendue comme la détermination de la meilleure voie scolaire, universitaire ou professionnelle offerte à un individu en tenant compte de ses aptitudes, ses goûts, son âge, ses motivations, sa santé et des possibilités de placement.
Cette détermination ne peut exister qu’à travers la mise en oeuvre d’une stratégie d’information et d’encadrement permettant d’aider l’élève à opérer à chaque palier de son cursus scolaire, des choix judicieux et réalistes. Elle est donc une oeuvre qui se prépare, qui repose sur une planification efficace et qui se voit réalisée pas à pas sur une longue durée puisqu’elle consiste à préparer l’élève et à le conduire vers une formation de telle sorte qu’il puisse exploiter au mieux ses potentialités physiques, intellectuelles et émotionnelles.
Telle que présentée, l’orientation apparaît comme une tâche pédagogique aux opérations suivantes: amener l’élève à faire le point de ses connaissances pour mieux se situer par rapport aux exigences du niveau requis. Faire prendre conscience à l’élève de ce qu’il est par rapport à ce qu’il veut être. L’aider à mieux maîtriser les possibilités qui lui sont offertes.
Partant de ces critères, existe-t-il une orientation dans notre système éducatif ? La réponse ne peut être tout à fait négative sinon que font tous ces conseillers d’orientation dont regorgent les bureaux des délégations du MEN ? Ils jouent sur leurs P.C, Ils boivent du thé matin et soir, ils discutent de sujets très intéressants comme l’allure, le maquillage et la corpulence des collègues ; Bref, ils bossent à arrache pieds !
Il est évident que le manque de conseillers d’orientations qualifiés dans les lycées et de centres de consultation académique et professionnelle au niveau des établissements supérieurs, provoque un vide scandaleux en matière des services proposés aux parents d’élèves et aux bacheliers. Ceux-ci se plaignent à maintes reprises de ne pas avoir été aidé dans leur orientation, ce qui fait faire des choix par défaut, entraîne des réorientations, des études à rallonges et des échecs scolaires. Ils sont ainsi nombreux à refaire leur première année ou à changer carrément de filière. Mais, éviter cette perte et cet échec si naïf n’est-il pas un acte aisé ? Bien sûr que si, enfin si on avait effectué une concrétisation pieuse et créative de ce que la charte prévoyait pour remédier à cette situation.
Aujourd’hui, l’orientation devrait permettre de mieux coller aux besoins du marché et de s’assurer d’un emploi à la sortie des études. Pour cela, la formation des conseillers et les tâches qui leurs sont assignées se veulent d’une importance majeure et d’une extrême précision : cartographier, de concert avec les économistes et les professionnels locaux, les filières/métiers pour lesquels il y a -ou il va y avoir- pénurie dans la région ; identifier pour ces métiers, les formations/connaissances exigées par les recruteurs ; faire une présentation de ce rapport aux élèves (et parents d’élèves) en milieu de la 2ème année et après le bac, pour les aider dans leur choix et décisions. Et, éventuellement, faire témoigner des professionnels des secteurs ayant de grands besoins, au cours de l’année (pour générer les questions et éviter les a priori).
En absence d’une structure qui répond efficacement à des attentes similaires, les bacheliers se livrent à des choix personnels contraints par le manque d’informations, les préjugés, la pression du temps et les désirs des parents. Soit aucune composante de l’orientation sereine et efficace, à savoir : aptitudes, goûts, âge, motivations, santé et possibilités de placement.
Contraint donc à cette espèce d’auto-orientation, le bachelier doit prendre en considération un facteur primordial : le métier qu’il désire exercer. C’est la moitié du chemin vers la bonne décision. La démarche complémentaire est de : s’informer pour dissiper les préjugés qui entourent certaines filières, faire une synthèse personnelle puis choisir l’établissement qui prépare le mieux au métier voulu, sans avoir peur des instituts qui proposent des concours, car ils permettent à l’étudiant d’être parmi les sélectionnés, soit une classe performante et qui pousse au progrès.
Mourad ABOUSSI
Exculisivité JIMaroc