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Le Tribunal de 1ère instance de Marrakech a condamné, lundi soir, à cinq ans de prison ferme la mère adoptive (Z.R) de l’enfant Ahmed Yassine, martyrisé et trouvé délaissé sur le toit d’une demeure dans l’ancienne médina de la cité ocre. Le deuxième accusé dans cette affaire (A.G) a été condamné à deux ans de prison ferme pour non assistance à une personne en danger.
Le tribunal a également condamné les deux accusés à verser une amende de 100.000 DH à la mère de l’enfant, en guise de dédommagement du préjudice subi par son fils.
Cette affaire, dont le verdict a été prononcé après plusieurs reports, remonte au 31 mai 2006 lorsqu’un voisin du quartier avait découvert le jeune enfant délaissé sur le toit d’une maison, dans un état de santé en détérioration très avancée.
Le tribunal de 1-ère instance de Marrakech s’était déclaré le 15 septembre dernier incompétent pour examiner ce dossier, en décidant de le transférer auprès de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Marrakech.
Quelque mois plus tard, la chambre criminelle près la Cour d’Appel de Marrakech s’était déclarée, à son tour, incompétente pour statuer sur cette affaire en décidant de la renvoyer de nouveau au tribunal de première instance de la ville.
Rappel du fait:
Ahmed Yassine, 6 ans, a passé la moitié de sa courte vie enfermé avec 4 chiens et 30 chats, dont il partageait la pâtée. Né sous X, il a été adopté par une femme aujourd’hui sur le banc des accusés, jugée pour maltraitance. Retour sur un fait-divers particulièrement sordide.
Plus de quinze jours après la découverte d’Ahmed Yassine, la demeure où il a été séquestré trois ans dans des conditions de vie sordides, contraint de partager son enfance et des restes de nourriture avec quatre chiens et une trentaine de chats, effraie encore les voisines de Zahra G., propriétaire de la maison du drame, accusée d’être responsable de l’état de délabrement physique et mental du petit garçon. Il faut dire que la bâtisse coincée dans une impasse, et à moitié achevée, a pris un aspect lugubre et mystérieux dans l’imaginaire des habitants, imprégné de la vision de cauchemar d’Ahmed, découvert nu, à l’état sauvage, très sale, avec des ongles de plusieurs centimètres, le visage caché par une chevelure impressionnante. Devenu une star dans son quartier, Samir raconte pour la énième fois comment il a découvert Ahmed, dont personne ne soupçonnait l’existence dans le derb, d’après les dires des voisins : “Depuis ma terrasse, j’ai vu une forme aux cheveux longs qui marchait, voûtée. J’ignorais si c’était un animal ou un jenn. Certains ont même affirmé que c’était un extraterrestre tombé de la lune”. D’ailleurs, les policiers appelés à la rescousse ont été si effrayés par l’aspect de l’enfant qu’ils n’ont pas voulu l’approcher, laissant à Hamouda et à d’autres woulad derb le soin de le récupérer, avant de le vêtir d’habits de fortune.
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