|
Un "grand" prix national d’un montant de 50.000 dirhams devait initialement récompenser la meilleure troupe parmi une vingtaine venue du Maroc et d’ailleurs. Le prix aurait finalement été annulé à la dernière minute, à cause de la décision de l’Ircam (Institut royal de la culture amazighe) de ne pas soutenir l’événement.
Abdellah Assoufi, directeur général du Festival, n’a pas caché sa colère contre les responsables de l’Ircam : « Nous avons reçu un accord préalable de la part de l’Ircam pour soutenir le Festival après l’obtention du haut patronage de SM le roi. A la dernière minute, nous avons appris qu’il (Ircam) a retiré son soutien. C’est désolant qu’une telle décision vienne d’une institution censée promouvoir la culture amazighe dans le pays. » a expliqué Assoufi à Menara.
« Nous avons parlé à la presse nationale des problèmes d’organisation de l’année dernière. Pour que lumière soit faite, nous avons dénoncé l’attitude de l’Ircam, et je pense que c’est la raison pour laquelle les responsables de cette institution ont refusé d’apporter leur aide à une manifestation qui a pourtant reçu le patronage royal. » a-t-il ajouté.
Dans une interview accordée au quotidien arabophone, Al-Ahdat Al-Maghribia (paru le 29 avril 2007), M. Assoufi et Khalid Maakoul, directeur exécutif du festival, avaient dénoncé la passivité de l’Ircam et l’indifférence du ministère de la Culture.
Ahmed Assid, chercheur au sein de l’Ircam, explique quant à lui que la décision de l’Ircam de ne pas s’associer au festival de Casablanca est motivé par un bilan de la première édition jugé « négatif ».
L’Ircam reproche notamment aux organisateurs du festival de Casablanca de n’avoir pas remis de rapport financier sur la première édition et d’avoir refusé la coordination avec l’Ircam pour l’organisation de l’événement.
« Nous gérons des fonds publics et nous sommes dans l’obligation d’exiger des rapports. Nous avons reçu des plaintes de la part de nombreux collaborateurs de la première édition, certains n’ont pas été payés » précise M.Assid.
Selon une source proche de l’Ircam, la concurrence du festival du théâtre d’Agadir serait à l’origine de la décision. Le festival de la capitale du Souss est organisé annuellement sous l’égide de l’Association marocaine de recherche et d’échange culturels (Amrec) et financé en partie par L’Ircam.
« Les amis de Brahim Akhiat ont exercé leur lobbying afin de ne pas partager les fonds avec nos amis de Casablanca. Un hommage à l’écrivain Essafi Moumen Ali, militant de l’Amrec, a été prévu durant ce festival. Son absence en est la preuve» ajoute la même source.
Une fois encore, le théâtre amazigh est victime de polémiques et de réglement de comptes. Le ministère de la Culture n’a pas répondu aux sollicitations des organisateurs du festival se plaint-on. C’est à se demander si la culture est loin de ses préoccupations.
Menara
|