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Lors de l’une des émissions de débat les plus connues en Espagne sur la TVE1, le Président du Gouvernement espagnol a choisi pour la deuxième fois d’être proche des citoyens en répondant à leurs questions sincères qui reflètent l’inquiétude actuelle de la société. Même si ses conseillers ont vu inconvenable le fait de se soumettre à un exercice aussi transparent et risqué, José Luis Rodríguez Zapatero a accepté la proposition de participer à l’émission « j’ai une question pour vous » où il devait répondre aux questions de 100 citoyens (51 femmes, 49 hommes) étant conscient du besoin de parler « didactiquement » sans cacher les vérités, mais en essayant d’inspirer de la confiance. « Il faut avoir confiance en l’Espagne » fut un message clair et bien argumenté, même si la grande partie du débat a mis l’accent sur la crise économique et les calculs erronés qu’avait fourni le programme du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) lors de sa campagne de présidentielles de 2008. La réponse de Zapatero fut un jeu de mot significatif et courageux : « je me suis trompé peut-être, mais je n’ai trompé personne ». Ma réflexion est une simple comparaison entre ce genre d’audace et de bravoure du politique espagnol et le manque de communication du politique marocain. Etre Politique et respecter ce statut, surtout quand on assume un poste de responsabilité, exige de la proximité avant tout : les citoyens s’attendent à des réponses sincères, courageuses et claires. Par contre les marocains n’ont eu droit jusqu’à l’insant qu’à des énoncés malicieusement pensés qui esquivent la vérité. Le premier ministre marocain Abbas El Fassi n’a pas encore osé participer dans une dynamique similaire pour répondre aux questions des journalistes : a-t-il peur d’ignorer les réponses ou de commettre une erreur protocolaire comme celle de « José María/María José Zapatero » ? De toute façon, une émission à l’exemple de celle mentionnée serait d’un grand apport au champ audiovisuel et politique marocain : c’est la voix de la société en direct et sans censure. Tous les indices nous confirment qu’il est impossible que M. El Fassi accepte de participer, mais si –et même si- l’on garde l’espoir, chacun de nous aura toujours cette inquiétude : J’ai une question pour vous, mais avez-vous une réponse pour moi ?
mourad@jimaroc.com
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