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Le journaliste égyptien Ibrahim Eissa accusé d’avoir "nui à l’intérêt général" sera jugé par la justice ordinaire et non par une cour d’exception, a affirmé une source judiciaire citée vendredi par l’agence officielle égyptienne Mena.
"L’affaire du journaliste Ibrahim Eissa, le rédacteur en chef du quotidien Al-Dostour, sera examinée par le tribunal correctionnel de Boulaq et non par la cour de sûreté de l’Etat", a déclaré cette source judiciaire. L’agence avait rapporté que le journaliste comparaîtrait devant la cour de sûreté de l’Etat du Caire, un tribunal d’exception mis en place en vertu de la loi d’urgence et n’offrant aucune possibilité d’appel.
M. Eissa est accusé d’avoir "nui à l’intérêt général" de l’Egypte en ayant relayé dans son journal des rumeurs sur la santé du président Hosni Moubarak. Fin août, des rumeurs infondées s’étaient répandues en Egypte sur la santé du président, certaines faisant état de sa mort ou d’une hospitalisation d’urgence.
En début de semaine, la Maison Blanche s’était dite "profondément" inquiète de la récente condamnation de plusieurs journalistes à de la prison en Egypte, ce que Le Caire avait qualifié d’"ingérence inacceptable".
"Les réactions très violentes à l’intérieur du pays, mais aussi les réactions à l’extérieur, comme celle des Etats-Unis -à laquelle l’Egypte est très sensible-, tout cela a joué pour que le régime fasse marche arrière", a affirmé à l’AFP un responsable du syndicat des journalistes.
Rappelons que cette juridiction d’exception est assurée par la cour de sûreté de l’Etat prévue par l’état d’urgence imposé depuis l’assassinat, en 1981, par un commando islamiste du président Anouar al-Sadate. Le journaliste contestataire avait commenté le fait en disant: "Je pourrais me sentir important, mais j’y vois surtout la marque d’un régime devenu fou", il avait même indiqué qu’il ne se présentarait pas devant la dite cour d’exception qui prononce des jugements sans appel.
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