Esnseignement supérieur public: adaptation des étudiants à la réforme (suite)

      » Publié le 29/08/2006 à 22:19 GMT par Mourad ABOUSSI     (0/10 - 0 Votes)    Commentaires (1)     Lectures (1071)

 

 

L’autonomie des étudiants doit être également vivement critiquée : ceux qui ne se débarrassent pas de leur timidité, sombrent dans l’ignorance, car ils n’osent pas demander, certains attendent qu’on vienne les informer, c’est qu’il restent attachés au statut de l’élève. Sauf qu’à l’université il n’y a pas de surveillant général qui contrôle les moindres faits et gestes : c’est un espace où on ne doit compter que sur soi. Pour cela, l’étudiant doit rester vigilant. Un simple détail dévoile des attitudes complexes et blâmables : l’excès de liberté et  la négligence qui poussent les uns à « ne pas être dans le bain », ils ne lisent que rarement  les annonces, et alors que personne n’a la fonction de les informer verbalement, ils ratent des examens ou des rattrapages car ils n’ont pas lu l’avis plutôt. Pour beaucoup, ils n’ont jamais préparé un devoir ni fait un exposé ou une recherche puisqu’ils n’assistent que rarement, d’autres se contentent de copier -coller sur internet. Les plus sérieux réalisent les travaux demandés uniquement pour valider leurs examens. Le plaisir de la recherche et de la découverte est absent.

 

  Ces attitudes s’expliquent par le manque de conscience vis-à-vis de l’enseignement supérieur et de ses exigences, la cause hit-parade est sans doute la réforme précipitée qui sème la panique. L’idée que tout le monde a sur l’ancien système est qu’il y’a une liberté et moins de stress, des mois de vacances et des examens faciles. Et c’est ce qui pousse à dire que la réforme n’a pas d’avantages , que les étudiants travaillent beaucoup en vue du nombre des matières programmées et des devoirs exigés dans un temps restreint. Les avantages de la réforme dont quelques uns sont conscient sont : la possibilité de se rattraper plusieurs fois, la possibilité de garder les modules validés si l’on part ailleurs et les contrôles plutôt faciles et à la portée de ceux qui font juste un petit effort. Pour la majorité  les avantages de la réforme ne dépassent en aucun cas ceux de l’ancien système, mais ont-ils évolué au sein de ce dernier pour pouvoir comparer et juger? Les rumeurs façonnent les esprits. Synthèse : Cette vision négative de la réforme influence la réception des cours.

 

   Pour certains étudiants, les matières sont programmées et imposées, chaque professeur enseigne ce qu’il veut, rien n’est uniformisé. Le contenu est parfois sans intérêt et ne véhicule aucune compétence : « lorsque le patron d’une entreprise me demandera mes savoirs faire, je lui parle de Baudelaire ? », se demande un étudiant de la FLSH, mais il se rattrape en disant : « Oui on peut à travers cela acquérir la correction de la langue, la production de bons discours, mais la manière dont on l’enseigne n’arrive pas à ces objectifs ».

 

  Presque tous les étudiants se trouvent ennuyés par les cours magistraux, ils optent pour les cours exercices, quand aux exposés-discussions, peu les préfèrent : « les camarades qui présentent les exposés n’ont pas les compétences pour le faire ». Pourtant plusieurs départements ont pensé à initier les étudiants, dès le premier semestre, aux techniques de lecture et de recherche. Le cours est-il arrivé à transmettre les acquis nécessaires ? Pas du tout, les étudiants poursuivent le parcours sans savoir même les techniques basiques de la réalisation et de la présentation d’un exposé, lorsqu’ils le font, « c’est le sommeil dans toute la classe ».

  Dans le même sens, l’image de marque d’un professeur qui explique minutieusement les contenus vivants et intéressants de son cours, reste dominante. Les étudiants confondent entre le travail de l’enseignant du secondaire qualifiant et celui de l’enseignant universitaire. La multitude de savoirs véhiculés dans un cours magistral est « un mauvais » travail selon les étudiants, car « on sort sans avoir rien pigé ! »

 

  Plusieurs témoignages concernant un cas de professeur apprécié affirment que c’est celui dont le statut est respectueux, qui est ponctuel, qui est dynamique en classe, qui enrichi son cours avec son savoir technique et ses anecdotes et qui n’a pas toujours besoin de retourner à son tas de fiches pour parler. Nous avons vu nécessaire introduire le témoignage suivant, car il résume d’une manière spontanée l’avis des étudiants : « Il y’a un professeur que j’estime beaucoup, lors de son cours je reste attentive et concentrée. Lorsqu’il s’agit de contenu théorique, je comprends assez vite puisqu’il a une méthode facile et claire, pas comme d’autres qui cherchent à compliquer les choses. Lorsqu’il s’agit de détendre un peu les étudiants, il parle de choses passionnantes liées au cours et essaye à chaque fois de nous poser des questions pour mesurer le feed-back. Je suis toujours à l’heure et motivée quand j’ai sa séance ! ».

 

  Mais est-ce que le professeur universitaire est obligé d’utiliser d’autres méthodes que le cours magistral ?

 

 
   

 

    

 
   

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Du très bon travail.

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  Posté par hamza le 1/09/2006 à 21:56 GMT

    Salut Mourad.

    J’aime vraiment tes idées parce qu’elles sont assez claires et surtout parce qu’elles traitent des sujets qui sont de plus en plus inquiétants dans notre société.

 

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