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Lisez cette blague, mais s’il vous plaît essayez de ne pas rigoler :
« L’instituteur en classe dit à ses élèves : - moi, j’incarne dans cette classe le rôle d’électricien et vous, vous êtes des ampoules… À cet instant un élève du fond de la classe lève le doigt : - Monsieur, dit-il en montrant son camarade qui dort, lui c’est une ampoule grillée !... »
« Des ampoules grillées », notre système éducatif en produit massivement. Complices en la création de l’échec scolaire, l’école, la famille et les enseignants sont sujets de remise en question sinon de blâme. Tout enfant ayant 6 ans doit intégrer l’école primaire, mais peut-il vraiment le faire ? Cet âge physique convient-il à l’âge mental qui lui permet de s’accommoder à son nouveau monde? Non pas tous les enfants ont la chance de s’épanouir à la maternelle, ce premier palier qui offre des apprentissages basiques. N’est ce pas là où réside la source des difficultés ? Un enfant qui ne distingue pas entre les alphabets se retrouve tout d’un coup envahi par une foule de mots et de phrases qu’il ne déchiffrera jamais et la chaîne d’ignorance continue à s’esquisser jusqu’aux études secondaires.Je me souviens qu’au collège, le professeur de français travaillait avec trois élèves seulement, ceux qui montraient de la volonté et de l’intérêt.
La majorité de mes camarades ne pouvait même pas construire une phrase simple ni la répéter correctement, ils s’amusaient donc cinq heures par semaine à se raconter des blagues, à faire le bilan de leurs relations amoureuses ou à préparer du copiage pour les contrôles. Pour le prof, ils étaient tous « des ampoules grillées ». Mais, nos enseignants incarnent-ils vraiment le rôle d’électriciens ? Certainement pas, surtout quand l’enseignement devient uniquement « un gagne-pain » : « Je fais mon cours et puis je m’en vais », voilà un propos décrivant une action devenue ordinaire.
Il faut le dire, nos enseignants manquent d’entrain, de dynamisme et de créativité, l’esprit de l’initiative chez eux hiberne durant toutes les saisons. Sinon comment expliquer leur attitude devant la note ministérielle prescrivant des cours supplémentaires pour les élèves au sein des établissements ? Ils ont tous refusé et les administrations n’ont pas su gérer le projet, alors qu’il y’a des enseignants (au secondaire collégial par exemple) qui n’ont que 12 heures/semaine, soit la moitié d’un tableau de service.
Par contre beaucoup d’entre eux sont pour des cours de soutien chez eux, où ils aménagent un petit espace, ou dans les écoles privées. En plus, ils obligent leurs élèves à s’inscrire pour assister à des leçons qui se passent toujours de la même façon : « L’exercice que nous allons faire demain en classe est sur le tableau, recopiez-le ! » simple, sans problème, mais surtout sans conscience ! Abordons aussi le cas du « maître » autoritaire, exigeant et contraignant. Son attitude ne peut que créer chez l’élève une angoisse génératrice d’inhibition intellectuelle.
Durant ma quatrième année du primaire j’avais un maître qui mettait des lunettes noires, ses yeux ne paraissaient jamais. Personne ne savait où il regardait, toute la classe restait donc calme et peureuse car elle avait goûté à ses punitions sans pitié. J’avais du mal à m’exprimer, à lever le doigt, en crainte de formuler une réponse fausse. J’étais cloîtré et moins performant durant cette séance d’arabe alors que mon maître de français me considérait « surdoué ». Les élèves répètent toujours que le professeur doit « les pousser à aimer la matière ». Quand ils ne trouvent pas ce qui suscite leur curiosité, quand ils assistent à un enseignement magistral où leur initiative est reléguée au second plan, ils manquent de volonté et de goût.
Alors qu’ils montrent un grand intérêt vis-à-vis des recherches, des exposés et des activités orales. Admirons simplement combien les élèves s’investissent pour réaliser le projet de recherche dans le cadre du « Fait local » en terminale. La famille, ce creuset de « maladies scolaire », est plutôt source des problèmes affectifs. Lorsque l’élève manque d’attention et de concentration en classe, il est mobilisé par d’autres sujets, parfois très douloureux. Il se réfugie dans ses chimères, il se défend ! Si nous croyons Freud. Il a donc besoin d’être écouté, d’être appuyé, d’avoir plus de temps pour rattraper le temps perdu. Sauf qu’il n’a personne à qui se confier. Nos écoles manquent encore de craie, ce serait fou de demander des psychopédagogues !
Ainsi, une multiplicité de causes qui s’imbriquent les unes dans les autres, agissant sournoisement en chaîne, font que l’enfant/élève se trouve un jour « échec et mat ». Pour éviter ce dénouement chaotique, cogitons bien notre sujet : des modules de mise à niveau doivent être programmés et bien réalisés au début de chaque niveau scolaire afin d’aider les élèves en retard, et ce pour ne pas parler carrément de classes d’adaptation.
L’attitude pédagogique est peut-être le nœud du problème. L’enfant ne doit pas peiner car l’enseignant peine ! Un enseignant ouvert et attentif suscite la confiance et attire l’attention de l’élève quels que soient ses problèmes affectifs ou ses échecs électifs. Les activités parascolaires quant à elles peuvent jouer un rôle magique, celui de véhiculer des messages, d’agir sur les comportements, de créer du dynamisme dans le corps et l’esprit de l’apprenant pour le pousser à désirer l’école et les apprentissages qu’elle propose. L’enseignant incarne ici noblement, au lieu du rôle d’électricien, celui du créateur des générations futures car « toutes les fleurs de l’avenir sont dans les semences d’aujourd’hui ».
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