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Les regrets publics du pape Benoît XVI dimanche 17 septembre , après ses propos sur l’islam et le djihad, ont entraîné des appels au calme dans certaines parties du monde musulman. Toutefois, les tensions demeurent vives et l’Iran a rappelé son ambassadeur au Vatican.
En Egypte, l’influente confrérie islamiste des Frères musulmans a salué les déclarations que le pape a faites lors de la célébration de l’Angelus dans sa résidence de Castel Gandolfo, près de Rome. "Nous considérons la déclaration du pape comme une rétractation, par rapport à ses propos précédents", a déclaré un dirigeant des Frères musulmans, Mohammad Habib. "C’est un bon pas en direction d’une excuse", a-t-il ajouté.
En Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, a appelé à maintenir l’harmonie entre les religions."A la population indonésienne, en particulier aux musulmans, même si je peux comprendre vos sentiments, (je dis) restez patients, dominez-vous et permettons que l’unité perdure en notre sein, y compris l’harmonie entre les croyants", a ajouté M. Yudhoyono.
A Moscou, le président Vladimir Poutine, dont le pays compte 20 millions de musulmans (environ 15% de la population), a appelé "les chefs de toutes les confessions du monde à faire preuve de responsabilité et de retenue".
A Gaza, le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, qui appartient au mouvement islamiste Hamas, a dénoncé dimanche la série d’attaques contre des églises dans les territoires palestiniens.
TENSIONS
En revanche, l’Iran a décidé de convoquer l’ambassadeur du Vatican à Téhéran pour "protester fermement" contre le propos du pape, et le grand mufti d’Arabie saoudite a défendu l’esprit du djihad (guerre sainte) dans l’islam, à l’origine "un droit légitimé par Dieu" selon lui.
Dimanche matin, deux églises ont été endommagées par des inconnus à Tulkarem et Toubas, deux localités du nord de la Cisjordanie. Cinq autres églises avaient déjà été la cible d’attaques samedi à Gaza et en Cisjordanie. "Ces attaques sont totalement inacceptables et aucun Palestinien ne devrait y prendre part", a déclaré M. Haniyeh aux journalistes.
Une religieuse catholique italienne a été tuée dimanche dans un hôpital de Mogadiscio. Les motifs du double crime n’étaient pas connu. Mais samedi, un chef religieux de la capitale somalienne lié au puissant mouvement des tribunaux islamiques qui contrôlent la ville depuis juin avait appelé les musulmans à "se venger" du pape.
Deux groupes armés irakiens, qui luttent contre l’armée américaine, ont également promis des représailles contre le Vatican dimanche, en appelant "tous les musulmans" à riposter contre "les chrétiens et les juifs, dont les religions sont hostiles à l’islam".
Les tensions risquent de perdurer, au moins dans les prochains jours, car de nombreuses voix, en particulier dans la presse arabe, s’élèvent pour réclamer des excuses et non simplement des regrets.
LEMONDE.FR Avec AFP | 17.09.06 |
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