Affaire Al Watan Al An: 8 mois de prison ferme pour Hormatallah et 6 mois avec sursis pour Ariri

      » Publié le 16/08/2007 à 0:20 GMT par Mourad ABOUSSI     (0/10 - 0 Votes)    Commentaires (3)     Lectures (1436)

 

 

 Le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, mercredi, le journaliste Mustapha Hormatallah de l’hebdomadaire ’’Al Watan Al An’’ à huit mois de prison ferme et à une amende de 1.000 dh et le directeur de la publication, Abderrahim Ariri, à six mois de prison avec sursis assortis de 1.000 dh d’amende.

 Les deux journalistes étaient poursuivis pour recel de documents obtenus à l’aide d’une infraction.

 L’hebdomadaire ’’Al Watan Al An’’ avait publié le 14 juillet dernier un dossier intitulé ’’les rapports secrets derrière l’état d’alerte au Maroc’’.

 Le parquet général avait décidé le 24 juillet de déférer les deux journalistes pour recel de documents obtenus à l’aide d’une infraction conformément à l’article 571 du code pénal, de relaxer Ariri et de le poursuivre par convocation directe, et de placer Hormatallah sous mandat de dépôt. (MAP 15-8-07)


Reporters sans frontières révoltée et consternée

 “Reporters sans frontières est à la fois révoltée et consternée par la condamnation à huit mois de prison ferme de Mostapha Hurmatallah, journaliste de l’hebdomadaire Al Watan Al An. Cette décision traduit un mépris de tous les usages du droit international qui n’a cessé de réaffirmer qu’on n’emprisonne pas un journaliste pour un délit de presse”, a déclaré l’organisation.

 “L’emprisonnement de Mostapha Hurmatallah ne peut se justifier en aucune manière. Si Reporters sans frontières ne sous-estime pas la gravité de cette affaire, dont témoignent les condamnations de huit officiers, il ne saurait être question d’accepter qu’un journaliste soit privé de liberté à l’issue d’un processus judiciaire opaque. Le dossier initial a en effet été scindé en deux volets, l’un militaire et instruit à huis-clos, l’autre civil à l’issue duquel le journaliste a été condamné. Cette décision assimile explicitement Mostapha Hurmatallah à un criminel. Il a d’ailleurs été poursuivi en vertu du code pénal et non du code la presse. Or, il ne peut être reproché à un journaliste d’agir conformément à sa mission d’information et de ne pas se soumettre aux obligations n’incombant qu’aux agents de l’Etat”, a précisé l’organisation de défense de la liberté de la presse. (RSF 15-8-07)

Extraits du compte-rendu de l’audience du 7 août

(...) Les deux prévenus ont été entendus par les juges. Abderrahim Ariri et Mostapha Hurmatallah ont reconnu avoir publié les documents présentés à la cour, mais ont rejeté l’accusation de "recel". Ils ont par ailleurs affirmé qu’ils ignoraient que ces documents avaient été obtenus "à l’aide d’un crime". Le ministère public les a interrogés sur leurs liens présumés avec les militaires qui ont fourni les documents publiés. Me Abderrahim Jamaï, l’un des avocats de la défense, est intervenu pour demander au tribunal la lecture des documents publiés. Le tribunal a rejeté sa requête, rappelant que les débats avaient pour objet le "recel" et non la publication de ces documents.

 Durant son réquisitoire, le ministère public a déclaré que l’infraction prévue dans l’article 571 du code pénal est autonome, existant indépendamment de l’infraction à l’aide de laquelle les documents avaient été soustraits. Le procureur a ajouté que les documents publiés tombaient également sous le coup de l’article 187 du code pénal qui définit les informations réputées confidentielles. Selon le ministère public, en publiant ces documents, les deux journalistes d’Al Watan Al An ont révélé les mesures prises par l’Etat pour lutter contre le terrorisme. Le ministère public a conclu que les faits reprochés aux deux journalistes sont prouvés et qu’ils représentent une certaine gravité. Le procureur a demandé au tribunal de condamner Abderrahim Ariri et Mostapha Hurmatallah pour "recel de documents obtenus à l’aide d’un crime" en vertu de l’article 571 du code pénal et de leur appliquer une peine proportionnelle à la gravité de l’infraction commise.

 Deux avocats de la défense, Me Abderrahim Jamaï et Me Khalid Sefiani ont pris la parole pour rejeter toutes les allégations du ministère public et répliquer aux points soulevés par l’accusation. Les deux journalistes se sont également exprimés pour affirmer leur confiance dans la justice pour les disculper. Le tribunal a décidé de placer l’affaire en délibéré pour être jugée lors de l’audience du 15 août 2007. Il a rejeté pour la quatrième fois la demande de mise en liberté provisoire du journaliste Mostapha Hurmatallah (...)  (RSF 09-8-07) 





 

 

 

 
   

 

    

 
   

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melez-vous de ce qui vous regarde!

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  Posté par observer le 16/08/2007 à 4:48 GMT

    Pourquoi Reporters Sans Frontieres se melent-ils  des affaires des pays du tiers monde?

    Que savent-ils  des lois  du Maroc  pour  qu’ils disent  que la sentence est injustifiable?

    Pourquoi veulent -ils appliquer les lois ou la culture de leur pays chez nous?

    Ne sommes-nous pas  differents groupes d’individus  vivant dans des societes  distinctes a tous les points de vue?

    Croient-ils que leur pays est parfait pour se permettre de corriger ce qu’on fait chez nous avec nos lois?

 

nuance

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  Posté par steph/selim le 16/08/2007 à 5:11 GMT

    Difficile de juger et d’apprécier la situation si l’on n’est pas Marocain.

    Je crois que parfois les journalistes doivent savoir se poser certaines limites.

    Mais bon ce jugement est bine sévère tout de même.

 

journalistes : citoyens ou apprentis-héros?

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  Posté par hmida le 16/08/2007 à 14:10 GMT

     Je me pose juste une question : NOS JOURNALISTES SE CONSIDERENT-ILS DES CITOYENS AU-DESSUS DES LOIS ?

    La liberté de la presse consisterait-elle à dire, à écrire, à publier,  tout et n’importe quoi, du moment que l’on est titulaire d’une carte de presse.

    Par ailleurs, si le code de la presse est trop restrictif, que nos journalistes - qui s’estiment si influents sur la vie politique de ce pays - fassent jouer leurs appuis pour changer ce code!

    Or, un code plus souple ne les arrange pas : ils y perdraient l’occasion de se poser en héros. Quand tout est permis, personne ne viendrait leur offrir des "dossiers" bien ficellés en leur demandant de les publier... Nos Rastignac de la presse dite indépendnante connaissent bien le système pour en avoir bénéficié!

 

Reponse de Abdel Le 20/08/2007 à 8:03 GMT

     

    Je ne veux point repondre aux pasticheurs de la faussete ; qui tambourinent en parfaits televisionnistes au rythme de la rumeur publique(Descartes n’est pas marocain) ou de la rumeur des casernes mais j’e veux m’adresser  a ceux qui en veulent aux Reporters sans frontieres ou aux ONG rien que pour avoir soutenu l’hebdo marocain ALWATAN AL an:Le Droit,l’Humain,l’egalite,la justice autant de valeurs qui sont universelles et il est du droit des organismes locaux ou etrangers d’intervenir  aupres des gouvernements pour proteger ou faire respecter ces valeurs contenues et recommandees par la force de certains accords et protocoles internationaux ...Pas par caprice ! pourquoi on  rejette pas la presence ou l’intervention par exemple de la Croix Rouge ou Medecins sans frontieres dans certains pays comme dans le notre?-Le Maroc n’est pas un Etat hors de l’emisphere mondiale qui possede des valeurs  uniques  ce n’est pas  l’EDEN !    ---Il est de la fonction du journaliste de critiquer ,de decrire et d’influencer dans la probite et la regularite et c’est ce qui est terrifiant pour nos politiciens ou nos autorites .Ou bien la presse independante devrait applaudir leur echecs et leur incompetence et GOULOU L’ AAM ZIN au mepris de notre malaise

 

 

 

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