''Les Bienveillantes'' distingué dès l'ouverture de la saison des prix

      » Publié le 27/10/2006 à 17:27 GMT par Mourad ABOUSSI     (0/10 - 0 Votes)    Commentaires (0)     Lectures (158)

 

 

’’Les Bienveillantes’’ distingué dès l’ouverture de la saison des prix 

Le Grand prix du roman de l’Académie française, qui ouvre la saison des prix littéraires, a été attribué jeudi à Jonathan Littell pour "Les Bienveillantes" (Gallimard), l’événement éditorial de la rentrée avec plus de 200.000 exemplaires vendus. 

 

Ce livre de plus de 900 pages - la confession d’un ancien officier SS - écrit en français par cet auteur américain de 39 ans inconnu du public il y a à peine deux mois, a été choisi à la majorité absolue des académiciens, par 12 voix sur 20, dès le premier tour.

Les deux autres titres en lice, "Marilyn, dernières séances" (Grasset) de Michel Schneider et "Ce qui est perdu" (Gallimard), de Vincent Delecroix ont obtenu chacun 4 voix.

"Nous sommes en accord avec un très large public", a souligné le secrétaire perpétuel de l’Académie, Hélène Carrère d’Encausse, après l’annonce du lauréat.

Jonathan Littell, né en octobre 1967 à New-York, est le fils du journaliste et écrivain américain Robert Littell, spécialiste du roman d’espionnage.

Après quinze ans dans les zones de guerre pour le compte notamment de l’organisation humanitaire "Action contre la faim", il a consacré les cinq dernières années à écrire ce premier roman, nourri de son expérience des conflits, sur le thème du bourreau et de la responsabilité personnelle.

La démarche de Jonathan Littell - faire d’un officier SS un personnage de roman - a notamment été critiquée par Claude Lanzmann, l’auteur du film "Shoah", qui s’est interrogé sur la façon dont le livre peut être perçu et "la fascination" de l’auteur pour l’horreur.

 

"La force du livre n’est pas dans le style, mais dans une vision un peu +excrémentielle+ qui correspond à la réalité. L’auteur ne cache rien au lecteur de ce qu’on lui cache d’habitude", a déclaré pour sa part l’académicien Jean-Marie Rouart, à l’issue du vote.

Jonathan Littell, qui habite Barcelone, n’était pas présent à l’annonce du prix. Son éditeur, Antoine Gallimard, qui l’a informé de cette récompense, a indiqué que l’auteur était "très heureux" de la recevoir.

Etranger au monde des lettres parisien, Jonathan Littell avait manifesté jusque là une grande distance vis-à-vis des prix littéraires.

"Les Bienveillantes" était en compétition pour les six grands prix littéraires de l’automne. Le roman est distingué d’entrée, ce qui n’exclut pas qu’il puisse être à nouveau récompensé dans les prochains jours.

La saison des prix se poursuivra lundi, avec l’attribution du Femina et du Médicis. Le Goncourt et le Renaudot suivront, sauf surprise, le 6 novembre, et l’Interallié bouclera comme d’habitude la quinzaine le 14.

Une demi-douzaine de titres reviennent cette année dans les sélections. Le roman de Michel Schneider est également en course pour le Goncourt, le Renaudot, le Femina et l’Interallié, et celui de Vincent Delecroix pour le Médicis. "L’amant en culottes courtes" (Seuil) d’Alain Fleischer (Goncourt et Médicis), "Lignes de faille" (Actes Sud) de Nancy Huston (Femina) et "Disparaître" (Gallimard) des frères Olivier et Patrick Poivre d’Arvor (Femina et Renaudot) comptent également parmi les plus cités.

En 2005, le Grand prix du roman de l’Académie française avait été attribué à Henriette Jelinek pour "Le destin de Iouri Voronine" (de Fallois).

AFP (27/10/2006)

 

 
   

 

    

 
   

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